7.7.17

A l'ombre des baleines, un projet entre un collège et des écoles primaires de Saint-Denis de la Réunion et l'orphelinat Zazakely de Sainte-Marie Madagascar
Zazakely Sainte-Marie Madagascar
Départ pour Sainte-Marie madagascar
Départ pour Sainte-Marie Madagascar
Merci au Consulat de Madagascar


22.6.17

Petites échappées belles à Sainte-Marie de Madagascar (carte et commentaires) à découvrir sur notre site: lavillamahafaly.com... et à télécharger sans modération!lavillamahafaly.com

visiter Nosy Boraha à partir de lavillamahafaly.comlavillamahafaly.com
carte de Sainte-Marie Madagascar

7.6.17

Enfin une bonne nouvelle: notre maison et nos chambres d'hôtes, sur l'île Sainte-Marie à Madagascar, sont arrivées: lavillamahafaly.com
 maison et chambres d'hôtes à louer à Sainte-Marie Madagascar Océan Indien (à partir d'octobre 2017)lavillamahafaly.com   
lavillamahafaly.com

1.6.17

1 (iray) - Sainte-Marie Madagascar?

lavillamahafaly.com
 Voyage en zigs-zags à Sainte-Marie madagascar

Tonga soa eto i Nosy Boraha

- Expression du jour: Aaa! Ouf!

Oui, "bienvenue à Sainte-Marie". On prononce "tonga sou". Le malgache est une langue d'origine indo-mélanésienne, assez facile d'apprentissage quoi que beaucoup de petits mots avec des a,e,i (le y toujours à la fin) et une nette différence entre l'écrit et l'oral. Un truc pas mal: pas de verbe être mais il y a on va dire le malgache officiel, celui de Tana (Antananarivo) et puis toutes les variantes.
En fait, je ne sais pas par quoi commencer!
Puisque je parle de la Mélanésie, ce proverbe mélanésien résumera l'esprit de ce blog:

Tout homme est tiraillé entre deux besoins, le besoin de la Pirogue,
c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, et le besoin de l’Arbre,
c’est à dire de l’enracinement, de l’identité,
et les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre;
jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue.

Peut-être commencer par parler du titre: Sainte-Marie Madagascar. Le mieux, c'est sans doute toutes ces hésitations à la fois qui se résument ainsi: pourquoi un blog sur Sainte-Marie, caillou de 65 kms de long sur 5 de large perdu dans l'Océan Indien, en haut à droite de Madagascar?
Je sais ce que je ne veux pas: d'un guide. Plutôt d'une échappée, une échappée sainte marienne parce que c'est mon regard, une histoire que je ne partage pas seul puisque mon épouse est de la partie.
Donner mes impressions, nos impressions sur cette île (je dirai à ceux qui n'y sont jamais allés où elle se situe et ce que l'on peut y trouver: un indice, soi-même!) mais aussi les faire partager avec celles des autres à la fois pour faire connaître Sainte-Marie (pas trop) et donner envie d'y aller (d'y rester?).
Ce blog est un fourre-tout qui n'a ni queue ni tête. Peut-être est-ce la meilleure solution pour aborder un lieu: chacun se fait son opinion car les histoires et les regards sont différents. L'âge, la culturedu regard et le regard culturel, les motivations, autant de critères qui font qu'un lieu comme Sainte-Marie sera perçu différemment.
Moi, je suis un "zanatane" (enfant de la terre) c'est-à-dire un étranger né à Madagascar. Mon épouse, non mais nous avons des points communs: enseignants sur une île pas très loin, nous avons acheter un terrain à Sainte-Marie pour nous y installer: non pas pour donner mais pour recevoir afin de mieux partager.
Je vais faire une promesse: essayer de tenir à jour ce blog mais nous ne sommes pas des machines aussi, à vous aussi de l'enrichir.
Alors:

une petite image pour commencer... c'est parti!



Carte postale ancienne Sainte-Marie Madagascar
Carte postale, Sainte-Marie, pluie ou soleil, 1998





2 (roa) - Orana sa masoandro?

lavillamahafaly.com

3 (telo) - Ny zagnaharibe

lavillamahafaly.com

Ah les jolies baleines...!

- Expression du jour: Amin'ny firy izao? Quelle heure est-il?


Baleines à Sainte-Marie Madagascar
http://martine-et-sylvie-en-voyages.over-blog.com/

"Ma" baleine à moi échouée sur notre plage à Antsignarambé Vohilava, côte-est:

Tsy zagnaharibe, tong, Nicolas Roy


Alors que je reprends ma plume, j'apprends, par le site de l'office de tourisme de Sainte-Marie, que les zagnaharibe (baleines) sont arrivées à Sainte-Marie! Je sais que certains aiment les anecdotes. En voici deux: l'an dernier, une baleine s'est échouée près de l'île aux Nattes. Il faut savoir que si les saint mariens ont compris l'importance de ces cétacés pour l'économie locale, il n'en demeure pas moins qu'il faut nourrir sa famille! Heureusement que l'association CétaMada qui fait un travail admirable s'est empressée de faire des prélèvements afin de savoir si l'animal n'était pas porteur de maladies. La seconde anecdote vient du président d'honneur du festival mondial des baleines  à bosses qui n'est autre que Julien Lepers et c'est très bien car toutes les bonnes volontés sont nécessaires pour faire connaitre Sainte-Marie et protéger les baleines.


Les baleines Sainte-Marie Madagascar
Affiche pour le festival mondial des baleines à Sainte-Marie, 2015

Elles viennent à Sainte-Marie à la fois pour mettre bas mais aussi s'accoupler. Si vous y allez, vous les verrez, vous les entendrez même. On estime que 10% des baleines à bosse de la planète font une escale à Sainte-Marie. Le spectacle est si merveilleux que je peux vous en parler autrement qu'en vers:

  Que sont ces containers
bossus, dans le lagon
et qui s'envoient en l'air
d'un tel poids bleu de sons ?

Les baleines Sainte-Marie Madagascar
Photo de baleine (l'Express de Madagascar, 2005)


N'étant pas un spécialiste, je vous renvoie à l'association CétaMada qui vous expliquera tout sur les baleines de Sainte-Marie: CétaMada

La protection des baleines...

Montés dans leurs pirogues, ils allaient là où apparaissait une baleine et, s'approchant tout près, il lui lançaient un hameçon de fer attaché à une corde faite de fibres d'écorce d'arbre, puis ils l'irritaient et la fatiguaient, en imprimant à cette corde des secousses violentes et fréquentes.
La bête se débattait avec rigueur et faisait bouillonner la mer.
Les indigènes, cédant à ses mouvements, lui rendaient de la corde dont l'autre bout était fortement fixé à la pirogue.
Lorsque la baleine très affaiblie, flottait à la surface de l'eau qui était teintée de son sang, les pêcheurs l'emmenaient facilement où ils voulaient.
Et ils la partageaient en morceaux dont chacun emportait ce qu'il pouvait.

Témoignage de marins hollandais à Sainte-Marie en 1598.

Je vous ai parlé dans mon premier article des raisons de ce blog; j'ai abordé ensuite le sujet qui fâche, le climat (d'ailleurs, si vous faites une sortie baleines, pensez à bien vous couvrir. qui sait, un peu de froid, de pluie et quelques vagues peuvent vous tenir compagnie!); peut-être est-il temps de vous parler du premier nom qui fût attribué à cette île: l'île des femmes (Nosim-bavy ). Pour ce faire, une petite image:

Carte postale ancienne Sainte-Marie Madagascar
Carte postale, Diego-Suarez, Femmes de Sainte-Marie, 20 mars 1909

4 (efatra) - Ny manangy Sainte-Marie

lavillamahafaly.com

Les femmes, gardiennes du temps

- Expression du jour: Aoka aloha e! Attendez! (Okalou!)

J'avais lu qu'autrefois Sainte-Marie était appelée « Nosim-bavy » (« l'île des Femmes »). Est-ce pour des raisons inavouables que des colons exilés loin de leur foyer y trouvèrent d'amènes compagnes ! Mais il est vrai que les femmes sont partout : au gré de mes pérégrinations, je les retrouve, alanguies sur des tsihy (natte), confectionnant des taly (tresse) élaborées en quête de beauté...

 
Carte postale ancienne Sainte-Marie Madagascar
Carte postale, Madagascar - Femmes de Sainte-Marie

déambulant sur les chemins portant fièrement en guise de couvre-chef des denrées à vendre, des sacs de provisions, des bassines de lessive, voire, dans l'intérieur, du petit bois pour le foyer. Pieds-nus, elles marchent avec le port majestueux de leurs ancêtres royales.
Mais où sont leurs hommes ? Ils pêchent à la palangrotte pour la plupart ou mamboly (cultivent) la terre.
Ce qu'elles font aussi : se pencher durant des heures dans les tanimbary (rizière)...


Carte postale ancienne Sainte-Marie Madagascar
Photo, Images de Madagascar, Sainte-Marie par Ndimby Andriananjason

 pilant ensuite le précieux riz devant la case. 

Carte postale ancienne Sainte-Marie Madagascar
Carte postale, Sainte-Marie, Malgaches pilant le riz

Je les ai vues également, dans une danse à la Matisse, traquant avec leurs filets - parfois des moustiquaires d'une ONG - les moindres petits alevins qu'elles vident et écaillent soigneusement sur la plage avant de les placer dans un panier tressé, pour le romazava (plat national : bouillon clair à base de viande ou poisson avec des brèdes) du soir. 

Femmes sainte-Marie Madagascar
Sainte marienne pêchant

J'ai même observé une femme sans âge ratisser le sable humide pour, à mains nues en s'aidant de ses pieds comme de ventouses, ramasser les délicieuses tellines : il suffit de repérer les deux petits trous de respiration quand la mer se retire.
Bien sûr, aujourd'hui, les femmes étudient, roulent en scooter sur le bitume, les cheveux lissés dans le vent, montent des gargotes et de petits commerces, promènent des touristes en quad... Elles avancent et, en cela, elles sont les dignes descendantes de leur reine Betty. 
Oui, beaucoup de choses à dire sur les manangy (femmes) et je crois qu'il serait judicieux de consacrer d'autres articles à des portraits de femmes sainte-mariennes. En attendant, profitant de l'allusion à la reine Betty, il me semble intéressant, dans le prochain article, d'ouvrir une première porte sur l'histoire de Sainte-Marie.


Gravure ancienne Sainte-Marie Madagascar
Port-Louis dans l'île Sainte-Marie. Vu du vieux monument de la prise de possession, gravure sur acier, 10,5x15,5 cm, aquarellée à la main, dessinée par Ballura, gravée par Couché, Fortier, reproduite in France Pittoresque, 1835 (ancienne capitale de Sainte-Marie)


5 (dimy) - Tantara amin' Sainte-Marie

lavillamahafaly.com

Cette vieille terre de France...

- Expression du jour: Aoka fotsiny! C'est fantastique!

Durant plus de 200 ans Sainte-Marie a été une île française (1750-1960). l'Acte officiel de donation en date du 30 juillet fut signé en présence de la reine Betia (Betti puis Betty). La légende raconte que c'est par amour du pirate "La Bigorne".
En 1950 est fêté le bicentenaire de cette union entre la France et Sainte-Marie:


Bicentenaire France Sainte-Marie Madagascar
Enveloppe, Bicentenaire de l'union de Sainte-Marie à la France, 8 novembre 1950




Si le passé permet de mieux appréhender l'avenir, le présent nous offre des traces profondes de ce passé. Sainte-Marie n'échappe pas à cette réalité mais parfois de façon surprenante. Comme je l'avais signalé dans mon premier article, la langue française est partout présente. Le "bonjour" quotidien des saint mariens et sainte mariennes recontrés au hasard des déambulations le prouve. Plus étonnant, après avoir fêté le 26 juin le Jour de l'Indépendance, les habitants  fêtent allègrement le 14 juillet:

Carte postale ancienne Sainte-Marie Madagascar
Carte postale 9, Sainte-Marie. - 14 juillet Mat de Cocagne, datée 1908

Petite anecdote pour finir: l'an dernier, une société chinoise a obtenu le marché pour la construction de la route allant vers le nord de l'île au détriment d'une société française. Au départ de celle-ci, par bateau, un dadabe (vieux, prononcez dadabé) saint marien, les larmes aux yeux, a entonné la Marseillaise!
Oui, Sainte-Marie a gardé des liens très fort avec la France. Cela ne doit pas nous faire oublier que la politique coloniale française a été autant sévère que dans les autres colonies.

îlot Madame, lithographie de Pollen, XIXe, coll. personnelle

Liberté, liberté chérie... 

Paris, le 15 novembre 1910.
Messieurs,
Une iniquité législative vient d'être commise envers les originaires d'une vieille colonie française.
Qu'il soit permis à l'une des victimes de cette iniquité de vous la signaler et de vous demander, à vous qui êtes législateurs, de vouloir bien la réparer, en faisant droit à nos légitimes revendications.
Je suis né à l'île Sainte-Marie de Madagascar. Ci-joint mon acte de naissance (…).
Cette petite île, vous le savez, Messieurs, a été annexée au domaine colonial de la France par voie de cession volontaire, depuis 1750. Mes parents se sont mariés conformément aux dispositions du Code civil, ainsi que cela résulte de leur acte de mariage (…). Mon statut personnel est donc régi par les lois françaises.
Mon père a d'ailleurs fait, comme tous les Saint-mariens que le sort a désignés, cinq ans de service militaire, comme appelé. Moi-même, engagé volontaire lors de la dernière expédition de Madagascar, je suis resté six ans sous les drapeaux. Ci-joint l'attestation qui m'a été délivrée lors de ma libération (…).
Donc, étant né sur le territoire français, de parents français dans l'acceptation légale du mot, je croyais être français, et, étant majeur, jouir de la qualité de citoyen.
Eh bien, Messieurs, il paraît que je ne suis pas Français.
Oh ! Je sais bien qu'entre un Français de France et le pauvre diable qui a l'honneur de vous adresser la présente requête, il y a une différence physique que rien ne saurait effacer. Mon profil africain, mes cheveux crépus, mon épiderme, mon style même, tout me dit que je suis un nègre.
En outre, les Gustave Le bon et les De Saussure se sont chargés de démontrer que l'égalité des hommes est une notion chimérique et que la politique d'assimilation est absurde et insensée. Une grenouille, dit-on, ne peut pas être aussi grosse qu'un bœuf. C'est entendu, et je n'aurai garde de l'oublier.
Mais à cette « inégalité naturelle » la générosité française a apporté quelques tempéraments, en décrétant « l'égalité légale » de tous ceux qui vivent sous l'égide des mêmes lois et qui ont rempli les mêmes devoirs. Il est admis qu'on peut devenir Français par le bienfait de la loi. Il nous sera donc permis de revendiquer cette qualité, sans que cette prétention puisse paraître exagérée.

Extrait tiré du Comité de Protection et de Défense des Indigènes : Ile Sainte-Marie de Madagascar, Six mille Français dépouillés de la qualité de citoyen, par Joachim Firinga, Paris 1911, pages 19 et 20.

Timbres anciens Sainte-Marie Madagascar
Timbres (hajia) au temps de la présence française

Pour en savoir plus, un ouvrage  de JC Scant que vous pourrez consulter à l'Alliance Française de Sainte-Marie ou commander à l'hôtel Lakana (pirogue): La fabuleuse Histoire de l'Île Sainte-Marie, des origines à 1750, 2008. Nous consacrerons bien sûr d'autres articles sur l'histoire de l'île et en particulier dans ses relations avec la Grande terre mais aussi Les Comores et la Réunion.
Pour le prochain article, je vous propose un petit détour dans la capitale: Ambodifotatra (Ambodifoutch).

Carte postale ancienne Sainte-Marie Madagascar
Carte postale, Sainte-Marie - La place d'Amboutifootre, 15 août 1902





6 (enina) - Mankany Ambotifotatra

lavillamahafaly.com

"Au pied du foutatra" (arbre aux bonnets d’évêque)

- Expression du jour: Azo antoka fa. C'est sûr

Prononcez, « Ambotifoutr » quoi que le "tra" se prononce "tch". On y entre en tuk-tuk et non à cheval comme dans le Grand-Ouest américain.  


Une agglomération pourtant : un tiers des 27000 Saint Mariens. La place du marché aux poissons n'est plus, tout comme a disparu sa majestueuse allée de manguiers. Non, la route est rectiligne et traverse un bourg tantôt poussiéreux tantôt criblé de flaques. Deux banques, un commissariat, l'indispensable station essence à la sortie et l'incontournable saloon, le « Chocopain », qui accueille des couples mixtes et des touristes vazaha (étrangers) en quête d'un vrai Nespresso et plus si affinités.

De chaque côté de la route, des boutiques artisanales pour des cadeaux, des gargotes accueillantes comme « La Bigorne » ou « Chez Aline ». Le « Château de sable » tenu par un couple adorable propose, pour trois francs six sous, des souvenirs faits main.

Ambotifotatra est un endroit utile mais bruyant où quads, tuk-tuk, 4x4, scooters, vélos, taxi-brousse déchargent hommes et marchandises. Le supermarché tenu par des chinois permet d'acheter l'indispensable : de la crème Nivéa au fameux poivre vert. J'y ai trouvé aussi un bon rhum ambré (Mangoustan) à condition de ne pas le laisser seul. Pour se faire, il m'a fallu aller au petit tsena (marché) couvert où, contre 5000 ariary (25000 FMG) je suis repartie avec un kilo de tsoha fohy (citrons) verts d'une générosité exceptionnelle que je n'avais trouvés qu'à Rodrigues. Si les bredes remplacent les salades absentes, tamantesy (tomates), korozety (courgettes), dongolo (oignons), dongolo-lay (ail) sont partout présents. La henaomby (viande de zébu) est pendue à des crochets. Ah oui, ne pas oublier de rapporter un peu de vanille et quelques clous de girofle.

 
Photo du marché à Sainte-Marie Madagascar
Le marché, photo de  yvesamada.uniterre.com



 

Un peu de vocabulaire!

- Azafady, inona moa io? Pardon, qu'est-ce que c'est? (Arafad inoun mou iou?) 
- Tena mora be! Ce n'est vraiment pas chèr! (le "e" se prononce "é")
- Tsara sy mora: beau et pas cher (tsar sy mour)
- Lafo loatra izy! C'est vraiment trop chèr! (Lafou lotch izy!)
- Mivarotra: vendre; mpivarotra: marchand; mpividy: acheteur; vidy: prix
- Ohatrinona? Combien? (Otchin mais Firy pour les nombres)
- Fotsiny! Seulement!
- Aoka aloha! Stop, assez! (Okalou)
- Malafosa betsaka: bonne vente
- Misoatra anareo indrindra: grand merci à vous (Misotch anaréou indjindja)
- Alina ariary: 10000 ariary (Alin ariar); arivo (1000); zato (100); vola: argent
- Mandrapihaona: à bientôt (Mandjapiaoun)
C'est bon pour aujourd'hui. Nourrir son esprit est possible en faisant une halte à l'Alliance française dont les rayons sont bien garnis en boky (livres) ou en tentant de déchiffrer, dans la cour, la stèle d'Albrand en Français et Arabe. 

Stlèle devant l'Alliance française de Sainte-Marie Madagascar
(un passage: "Voyageur, qui que tu sois, tu ne pourras te défendre de quelques larmes")

En cas de problèmes de santé, dokotera (docteur) Coco, à cheval entre son cabinet et l'hôpital financé par Monaco, nous est, à tous et toutes, d'un grand secours.

Utile et poussiéreuse, Amboutifotatra reste l'expression de la vie loin des cités asphaltées envahies de ronds-points et de grandes surfaces sans âme.

Passées une, deux heures, le besoin se fait sentir de poursuivre sa route. Sur les quais, venant de Soanierana-Ivonga, un bateau dépose son lot de passagers après une lera (heure) de traversée.

Soanierana-Ivongo Sainte-Marie Madagascar
Liaison maritime entre Sainte-Marie et la Grande terre

 La prochaine fois, je vous emmène sur la côte-est, direction la plage de coco-légumes: mon petit Paradis!

Photo côte-est Sainte-Marie Madagascar
Mon épouse (vehivady) faisant griller du poisson (todro ou loko)


7 (fito) - Ny trano Mahafaly

lavillamahafaly.com

Viens, je t'emmène dans mon île... (Higelin)

- Expression du jour: Ekeko izany. Je suis d'accord

Le temps de traverser à pied le petit kilomètre qui nous sépare du parc Andemika à la plage de "coco-légumes" (du nom de celui qui en vendait et qui a désormais une gargote et qui chaque année organise une fête pour "les résidents de la côte-est"), une chanson pour nous accompagner le long de ce lalana (chemin):




Chemin de latérite un peu boueux après les pluies mais vite oublié par les "bonjours" des uns et des unes et les "donne-moi des bonbons" des enfants. Première à droite, encore un effort. Enfin la plage, direction le sud sur 400 m environ et voilà, vous êtes chez nous... enfin sur le terrain (plus tard, la villa Mahafaly: qui rend heureux).


Photo côte-est Sainte-Marie Madagascar


Roberto, notre gardien et ami, est là, sa maison familiale est juste au-dessus.


Photo côte-est Sainte-Marie Madagascar
Roberto sur le terrain

Les ilots de sable blanc ont remplacé la Grande terre.




C'est si beau, mieux vaut une photo et après je vous dirai comment faire si un jour vous voulez tout larguer et venir vous installer:


Plage de coco-légumes Sainte-Marie Madagascar


A retenir...


Premier principe, nous ne sommes pas chez nous même si les saint mariens sont d'une grande gentillesse. Nous sommes dans une autre culture, une autre civilisation où chacun doit rester à sa place. Je vous parlerez plus tard des rites de la naissance mais aussi de la mort. Gardez toujours en tête qu'un euro est parfois le revenu quotidien; que payer 50 euros sa femme de ménage c'est rien pour vous, ce qui ne vous autorise pas à faire n'importe quoi.
second principe, la terre est sacrée: vous n'en serez jamais propriétaire, simplement locataire selon le principe de baux (35, 99 ans) mais tout ce que vous avez construit et planté vous appartient et peut être vendu ou transmis.
troisième principe: si vous venez pour faire des affaires, investir, spéculer, etc... allez ailleurs comme à Paris ou Londres. Vous voyez ces zébus sur la plage: ne vous posez pas de questions, faites vous plaisir, ne venez pas pour donner mais pour recevoir afin de mieux partager. Madagascar existait avant vous et existera après. Vous avez un petit bout de terrain, un projet seul ou à deux, des richesses intérieures: mettez tout ceci à profit pour vous faire plaisir et si vos richesses peuvent-être partagées, faites-en profiter la population qui vous l'offre quotidiennement par un "bonjour" quand vous la croisée: c'est pas cher et ça rapporte un très gros fo (cœur) qui vous permettra de vivre plus longtemps!
La plus grande richesse des malgaches, ce sont les enfants: «arahaba nomen' andriamanitra ny fara e» (je vous salue car Dieu vous a donné un rejeton)


Photo, enfant de Sainte-Marie Madagascar
Photo d'un zaza kely (petit enfant) prise par mon épouse















8 (valo) - Ny Fianakaviana

lavillamahafaly.com

Un peu de vocabulaire familial...

- Expression du jour: Eny e! Mais oui! Bien sûr!

NB: les illustrations sont de Stéphanie Ledoux faites à Sainte-Marie.


Les peintres Sainte-Marie Madagascar
Linogravure, gouache

Manahoana (bonjour). Avant d'aborder la question de l'enfance, un peu de vocabulaire autour de la famille et des liens de parenté. (Les y et a à la fin des mots se prononcent à peine)
- Enfant: zaza, ankily, kilonga (kilounga); Petit-enfant: zaza kely
- Garçon: lahy; Fille: vavy
- Frère: rahalahy; Sœur: anabavy
- Père: ray, aba, baba; Mère: mama, endry (endjy), reny
- Parents: ray aman-dreny; Famille: fianakaviana; Parentèle: havana
- Grand-père: dadabe; Grand-mère: renibe
- Mari: vady, lehivady; Épouse: vady, vehivady

On peut distinguer plusieurs étapes dans la vie de l'enfant:


Les peintres Sainte-Marie Madagascar
Linogravure, gouache, marouflée

- La période natale et post natale.


Les peintres Sainte-Marie Madagascar
Linogravure aquarellée
 
Rôle important de la reninjaza (mère d'enfant = sage-femme). Elle gère les fady (interdits, nous y reviendrons); donne des tisanes à la mère et lui prodigue des massages. Après la naissance s'occupe du périnée, de la montée de lait... La mère restera auprès du feu, elle est choyée (mifana).

- Les rites de la naissance.


Les peintres Sainte-Marie Madagascar
Linogravure

Celui du mandevina tavony (le placenta est mis en terre en cachette par l'homme maternel; parfois mis dans l'eau ou donné aux zébus: créer un lien entre l'enfant et la terre, entre le monde des vivants et celui des morts). Celui du mivoaky itany (la présentation du bébé au monde dans ses 40 premiers jours: à l'environnement, à des objets (instruments de musique) et ceci par quelqu'un, le velondraiamandreny, dont les parents doivent-être vivants). Celui enfin du ala-volonzaza (présentation à la société, on donne le premier prénom, ensuite repas avec riz au lait, miel, songe, bosse de zébu, un peu des cheveux de l'enfant pris derrière l'oreille gauche, enfin très grand repas de cérémonie avec 7 mets différents: hanim-pitoloha).

- Le rite de la circoncision.


Les peintres Sainte-Marie Madagascar
Linogravure

 Sambatra (fête) ou vositry permettant une accession à la virilité. Rôle important du père de l'enfant: rain-jaza. La cérémonie se fait durant la saison sèche et fraiche avec présence d'un devin (mpanandro) puis musique, chants, purification de tous, procession vers une eau de source tôt le matin (rano tsy dikaimborona: eau pas salie par les oiseaux), rapportée dans des calebasse neuves avec jeu de lutte puis purification de l'eau: rano mahéry (rôle de l'oncle maternel).


Photographie ancienne Betsimitsaraka, Sainte-Marie Madagascar
Photographie, famille Betsimitsaraka, tirage argentique (14x19), Circa 1890 (Sainte-Marie?)

Bon, tout cela pour vous dire que ne pas avoir d'enfants est une catastrophe car le cercle de la vie est rompu. Il y a donc des liens très étroits au sein de la havana qui elle-même s'inscrit dans la société (rien n'interdit de sermonner un enfant en présence de sa mère, chose impensable en occident). Ces liens sont aussi très forts dans les rapports à la nature.

Carte postale ancienne Sainte-Marie Madagascar
Carte postale, Sainte-Marie



9 (sivy) - Ny zava-maniry

lavillamahafaly.com

Une nature généreuse mais fragile

- Expression du jour: Fa inona no zava-mitranga? Mais que se passe t-il?

Un petit témoignage pour commencer:


« Nous étudions la flore du pays, très abondante en arbres, arbrisseaux, lianes. On y trouve le café, les patates, le giroflier, le tabac, le cacaoyer, le pamplemoussier, la canne à sucre, la vanille, l'ananas, de nombreuses orchidées. Il y a même une espèce très rare dans le Nord de l'île, et dernièrement nous avons vu des explorateurs à sa recherche ; le jacquier, arbre qui produit des fruits énormes pesant plusieurs kilos ; le cocotier, l'oranger, le pêcher, le mandarinier, le citronnier, le manguier, le bananier, le vacoa, sorte de palmier, dont les feuilles servent à tisser des sacs, le raphia, le ravenale qui nous vient si souvent en aide. A côté de ces essences, poussent également les bois d'ébène, de rose, de fer, de santal, d'acajou, des chênes de plusieurs espèces, le caoutchouc. » (Marie de Gentilles A l'île Sainte-Marie, 10 octobre 1895).
La déforestation mais aussi la violence du cyclone Yvan en 2008 font que beaucoup d'espèces végétales, comme sur la Grande terre, appartiennent au passé. Sainte-Marie demeure généreuse en arbres fruitiers: manguiers, jacquiers, anacardiers, citronniers, bananiers, girofliers si nombreux, arbres à pain...


Photo fruits à pain Sainte-Marie Madagascar


sans oublier le cocotier.

 
Carte postale ancienne Sainte-Marie Madagascar
Carte postale 10, Sainte-Marie. Moulin à Betsa-Betsa (alcool artisanal)

 Une île jardin

Quant aux fleurs, dans cette « île jardin », elles sont des reines : rosiers, frangipaniers, hibiscus, bougainvilliers, flamboyants, orchidées... Ce ravissement pour les yeux et ce raffinement, eux, ne cessent de surprendre. Sont-ce les signes d'une population heureuse, désireuse de mettre un peu de douceurs dans des lendemains incertains ou simplement le désir d'exprimer sa générosité en s'offrant le luxe d'adhérer au premier concours des « tanagna tsara » (villages fleuris) ? L'île aux Nattes sur laquelle nous reviendrons est un jardin d'Eden. C'est là que vous pourrez observer dans sa partie sud-est la Reine de Madagascar.
 
Timbre orchidée Sainte-Marie Madagascar
Timbre, Eulophiella Roempleriana
Dans sa partie nord, plus sauvage, Sainte-Marie conserve des restes de forêt dense (analabe). C'est aussi là, reliant l'est et l'ouest, que l'on se perd en rêveries dans la mangrove (ala-konko).

La mangrove



Photo mangrove Sainte-Marie Madagascar

Magique, beau comme le commencement du monde; silence presque angoissant dans l’entrelacs des palétuviers à peine émaillé de quelques cliquetis de pinces de drakatra (crabe de mangrove) « manchots », la trille d'un courlis et le son feutré de la pirogue qui glisse et se fraye un chemin. Émerveillés, nous restons muets quand, d'un coup, un immense miroir aquatique achève de vous couper le souffle. Nous apprenons que l'océan est au bout de ce lac, que les quelques bois plantés ici où là, dans la vase, retiennent des filets et que, côté est, des femelles requins inoffensives viennent mettre bas.
On ne peut parler de la végétation et omettre l'emblème de Madagascar, si présent, si majestueux et si utile qu'est le ravinale (arbre du voyageur)

Gravure ancienne ravenale Sainte-Marie Madagascar
Arbre du Voyageur, gravure sur acier (20,5x12cm) dessinée par Louis Auguste de Sainson à Tintingue, 1834

10 (folo) - Ny ravinala

lavillamahafaly.com

Aussi important que le riz

- Expression du jour: Firy taona izy? Quel âge a t-il?

Entendu, par un betsimisaraka originaire de Toamasina (Tamatave), la légende suivante :
« Il y a, dans les cimetières, le ravinala. Ceux-là seuls qui viennent boire du rhum sur la tombe de leurs parents peuvent toucher à ses feuilles et s'en servir dans le cimetière. Mais celui qui en prendrait une feuille pour l'emporter en dehors de l'enceinte de la terre des ancêtres serait immédiatement frappé de mort. »
Et puis, cet autre témoignage, plus ancien:

Le 2 juillet (1895)
J'avais lu, dans des récits de voyages, l'éloge de cet arbre merveilleux qui a si bien mérité le nom d'arbre du voyageur. Je vois aujourd'hui qu'il est véritablement précieux. Ses larges feuilles fournissent, quand on les perce à la base, une eau bonne à boire, et sa semence produit une farine très nourrissante, enfin avec la pellicule bleue qui enveloppe la semence, on fait de l'huile. Il a un fort bel aspect ; il s'élève droit comme un palmier.
À l'île Sainte-Marie par Marie de Gentilles, Desclée, De Brouwer et Cie, Paris-Bruges, 1901, page 79.

L'arbre du voyageur est partout : sur la dérive de l'avion, les toits (raty), les murs (falafa), le sol (vakaly, rapaka), les têtes, dans l'assiette (huile, farine), sous vos yeux. A droite, à gauche, devant, derrière, sur cette bongo (colline) et celle-là, dans ce tsabo (champ) et cet autre, le long des sentiers. Majestueux qui vous salue de ses doigts palmés en éventail. Égal aux colonnes antiques, son fût s'élance dans les airs déployant son chapiteau de feuilles sur lequel repose le ciel. Je le sais généreux et éternel comme le katakata (bananier) car malgré les assauts du vent qui déchirent ses palmes et le kopikopy (coupe-coupe) qui abat son tronc, des rejetons s'empressent de prendre la relève. Si je pouvais en prendre un à pleine main, le bras levé, et m'en faire un porte-étendard. Dessus j'y inscrirai : « Comme toi, je suis zanatany (enfant de la terre) ».

Photo ravenale Sainte-Marie Madagascar
Première plantation... pour porter bonheur

 De l'arbre aux cases traditionnelles: le bois, matière végétale et périssable, est pour les vivants; la pierre, éternelle pour les morts.

Gravure ancienne, village Sainte-Marie Madagascar
Gravure, Village de l'île Sainte-Marie, extraite de...
L'habitat traditionnel est en bois même si surgissent de terre des maisons en dur. 
 
Photographie ancienne, habitat Sainte-Marie Madagascar
Résidence à Sainte-Marie, 16.5x22.5, Cyanotype circa, 1900

La présence d'expatriés et leur mode de vie, l'émergence d'une élite locale plus aisée, sans doute aussi la position de Sainte-Marie sur la route des tsikobe (cyclones) y sont pour beaucoup. 
 
Photographie ancienne Sainte-Marie Madagascar
Photographie, tirage citrate (18x24cm) Circa 1890 (Sainte-Marie?)

L'utilisation du généreux ravinale dans la construction, sa « gratuité » laissent de beaux jours encore aux matériaux vivants.


Arbre du voyageur Sainte-Marie Madagascar
Les carnets de Marie-Noëlle Augendre, 25 juillet 2012 Sainte-Marie
Arbre du voyageur Sainte-Marie Madagascar
Les carnets de Marie-Noëlle Augendre, 25 juillet 2012 Sainte-Marie

Laissons le monde des vivants pour aborder, dans notre prochain article, la question si quotidienne de la mort à Sainte-Marie...

11 (iraika ambin'ny folo) - Ny maty

lavillamahafaly.com

La sacralisation des morts

- Expression du jour: Haody ny ato? Il y a quelqu'un ici? (od ny atou)

Les Malgaches ne considèrent pas la mort mais vénèrent leurs morts. C'est à l'ombre des arbres que vous verrez de ces cimetières, comme celui faisant face au luxueux hôtel Soanambo ou plus simplement en posant le pied sur la plage du débarcadère de l'île aux Nattes (l'océan grignote la plage, est-ce la conséquence du réchauffement climatique? Des pierres tombales, vous pourrez alors en voir à même la plage, parfois dans l'eau cristalline). Peut-être verrez-vous une procession mortuaire occupée un instant la route dans un silence de plomb où scooters et tucks-tucks essayent se frayent un chemin car la vie continue et la mort fait partie intégrante de notre existence sur terre ce qui explique les nombreux fady (interdits) qui peuvent-être des lieux (une rivière par exemple); des jours (on ne travaille pas la terre à Sainte-Marie le vendredi; les deux parfois (interdit d'aller aux îlots de sable blanc le mardi et le jeudi). Pas de photos de cimetières autres que pour celui des pirates!
En revanche, quelques généralités pour comprendre ce rapport à la mort et aux morts:
La mort est un passage permettant de quitter la matière pour une vie immatérielle. La mort appartient à la vie et permettra, au défunt, après des rites, d'accéder au statut d’ancêtre.De ce fait, les morts font partie de la famille et l'esprit survit comme une âme vagabonde: avelo (ombre immatérielle), aloka (ombre matérielle).

Les rites funéraires

Ils passent par le nettoyage du corps, parfois le séchage et même l'enlèvement des entrailles chez les nobles. Quelques soient les époques et les régions, il s'agit de purifier le corps. Les veillées funéraires sont animées (fêtes, histoires plus ou moins scabreuses) car la vie l'emporte sur la mort. Les condoléances (famangihana) sont très ritualisées que ce soit avant ou après l'enterrement.

Le famadihina 

(Retournement des morts: en saison froide) est un processus d'ancêstralisation permettant d'affirmer l'unité de la famille et l'importance de la vie sur la mort. On y invoque les ancêtres puis c'est l'ouverture du tombeau (chants, danses). Le corps est exposé au soleil puis c'est le réenveloppage. Danse avec les vivants ( à bout de bras, autour du tombeau). des anciens bouts de nattes sont conservés pour favoriser la fécondité. Au coucher du soleil: discours, retour dans la tombe, fermeture et grand repas.
L'ancêtre est un familier à qui l'on parle comme à un vivant et qui nous protège et nous bénit d'où le respect et le devoir de mémoire.
Peut-être est-il temps de faire un peu de géographie, non? On est pas tous censé savoir où se trouve ce petit caillou!

Vue aérienne de Sainte-Marie et île aux Nattes Madagascar
Sainte-Marie et l'île aux Nattes vues du ciel


12 (roa ambin'ny folo) - Aiza ny Nosy Sainte-Marie?

lavillamahafaly.com

Je suis dans les mers du Sud... (P.Gauguin)

 - Expression du jour: Ataoko izay azako atao. Je ferai mon possible

Cela fera bientôt dix fois que nous allons à Sainte-Marie. C'est vrai que de la Réunion, en vol direct, via Air Madagascar (en ATR s'il vous-plait!), cela ne prend  qu'1h45. Tout le monde n'a pas cette chance, certains ignorent même la localisation de l'une de ces trois îles malgaches (grande terre, Nosy-Be, Sainte-Marie). Alors pour commencer, un peu de pédagogie.

De la petite... à la grande échelle

Google Earth Sainte-Marie Madagascar
C'est le tout petit point rouge!
Bien que située à sept kilomètres au plus proche des côtes malgaches, il n'est pas toujours facile de s'y rendre tout simplement en raison de la rareté, du monopole et de quelques petits imprévus des communications. Il y a certes un bateau qui fait la navette une fois par jour à partir de la Grande terre mais c'est un peu rock’n’roll (jamais pris en même temps!). Pour la voie aérienne, chaque jour, depuis Antanarivo, via Toamasina. Je dis bien "le jour" car pas possible de se poser la nuit. Bon, ce qui compte, c'est que si vous passez à question pour un champion, vous pourrez répondre.

Carte de l'île Sainte-Marie Madagascar
Certains y voient de Gaulle de profil, moi un point d'exclamation!

"Sainte-Marie, le Nosy-Ibrahim ou île d'Abraham de Flacourt, est orientée, du N.-N.-E. Au S.-S.-O., tout comme la grande île, dont elle est séparée que par un étroit chenal de 30 kilomètres au N. et au Sud, de 7 kilomètres à peine dans sa partie la plus étroite en face de la célèbre Pointe à Larrée. Elle s'étend entre 16°40' et 17°8' latitude Sud, avec 55 kilomètres de longueur ; entre 47°32' et 47°45' longueur orientale, sur une largeur moyenne de 3 kilomètres. Sa superficie est de 165 kilomètres ou 16,500 hectares, couverte de forêts au Nord, plus fertile au Sud.
Elle est entourée de trois côtés, au Sud, à l'Est et à l'Ouest, d'une ceinture de coraux appelés le Récif, qui, plus éloignés à l'Est, et se composant parfois de deux ou trois banes, y rendant la navigation dangereuse. A²l'Ouest, au contraire, en particulier au Sud de la pointe à Larrée, les récifs sont tout près de la terre et accores, ce qui permet aux marins d'approcher de très près et de mouiller presque partout." (Madagascar : sa description, ses habitants par J.-B. Piolet, 1895, Chapitre VIII, pages 416-417).
Bon, quelques petites erreurs sur la superficie mais pour tout le reste vous pouvez commencer à apprendre par cœur car, si je vous croise à Sainte-Marie, c'est révisions! Il faut dire que les cartes anciennes...

Carte Flacourt Nossi Hibrahim, Sainte-Marie Madagascar
Carte de Nossi Hibrahim ou Isle d'Abraham établie par Flacourt, Étienne de (1607-1660) in Histoire de la grande isle Madagascar, 1

une carte, un territoire, n'est-ce pas avant tout un espace mental?

"Sainte-Marie, vert bijou de l'Océan, quelle jolie breloque tu aurais fournie à la montre de Micromégas, à l'époque où ce gigantesque touriste parcourait notre globe en deux enjambées. Quand à moi, humble optimiste, je salue l'émeraude de tes citronniers aux fruits d'or, l'ombre de tes manguiers, la grâce de tes collines couronnées de ravenals et la pais de tes nuits rayonnantes du vol des lucioles, ces étoiles vagabondes du gazon. Ta plage offre aux regards charmés les roses nées de l'écume de cet Océan qui a choisi tes flancs pour y creuser un port sans souffle et sans ride, sur son azur endormi. Que de fois ce même Océan entraîne mes regards et ma pensée jusqu'à cette Grande-Terre dressant à l'horizon son majestueux profil régnant sur un triple étage de montagnes! Cette paix universelle pénètre et détend l'âme de l'homme des villes toujours assiégé de soucis". VOYAGE EN ZIG-ZAGS A SAINTE-MARIE DE MADAGASCAR, Lahuppe frères et Drouhet fils, 1886 , pages 1,2 et 4.
Le plus important est peut-être dans ce regard que vous porterez au travers du hublot: le lagon turquoise qui se dessine; le bruit des roues de l'avion sur le tarmac; cet immense sentiment de liberté de poser le pied entouré d'herbes hautes tout autour sur cet endroit si petit, dans cet aéroport si petit et puis, tous ces gens (guides, chauffeurs) qui vous attendent avec leurs pancartes et qui, pour vous, pour un instant, ont laissé de côté tous leurs soucis: joindre les deux bouts, se serrer le ceinture pour payer l'école des enfants, se demander comment trouver l'argent des médicaments pour le dernier. Pour eux, ne pestez pas devant les formalités un peu longue des gendarmes déguisés, pour l'occasion, en douaniers. Veloma.

aéroport de Sainte-Marie Madagascar
Tonga soa! (Bienvenu!)
Oui, peut-être qu'il est temps de parler de tous ces gens de bonne volonté?